La brume a des remords de fleuve Et d'étang. Les oiseaux nagent dans du mauve. Les mots de ma plume se sauvent Me laissant Avec des phrases qui ne parlent Que de tourments. Vienne le temps des amours neuves. La brume a des remords de fleuve Et d'étang. Je ne suis jamais qu'un enfant. Tu le sais bien, toi que j'attends. Tu le sais puisque tu m'attends Dans une dominante bleue Où le mauve fait ce qu'il peut. La page blanche se noircit, Laissant parfois une éclaircie, Une lisière dans la marge Où pa**e comme un vent du large.
La brume a des remords de fleuve Et de pluie. Les chansons naissent dans la frime Et les dictionnaires de rimes S'y ennuient. Mes phrases meurent sur tes lèvres Mais la nuit, Elles renaissent toutes neuves. La brume a des remords de fleuve Et de pluie Et le mauve sur ta paupière Brille d'une étrange lumière Où courent des ombres ephémères Dans une dominante bleue Où le mauve fait ce qu'il peut. La page blanche devient bleue Et le mauve meurt peu à peu. Il ne reste plus dans la marge Que la rosée du vent du large.